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Donjon de Bours

Photo : © Visual Space Explorer

Sources : Archives Nationales, Bibliothèque Nationale de France, Archives du Nord, Archives du Pas-de-Calais, Archives diocésaines, Archives communales de la ville d'Arras.

Les premières traces des seigneurs de Bours dans les chartes datent de la fin du XIIe siècle. Adam de "Boors", chevalier, fils d’Adèle, engage la dîme (impôt versé à l’Église) aux frères hospitaliers de Haute-Avesnes, avec l’accord de ses deux fils Gérard et Henri.


Ce sont, comme tout bon noble, des guerriers qui participent aux osts (armée féodale en campagne), comme Pépin de Bours en 1302 ou Jehan en 1385.


Ce sont également des propriétaires fonciers qui gèrent leurs différents fiefs. Ces derniers sont les principaux revenus des nobles.

Bours est ainsi constitué de nombreux hameaux et des terres alentours d'Antigneul, des Alligues et du bois de Lalihue. En fonction du seigneur et de ses héritages, des fiefs s'ajoutent : Huclier, Belval, Belvalet, jusqu'à Cambrin ou Hénin-sur-Cojeul.

Console sculptée représentant le seigneur de Bours et son blason "l'écu à la croix", salle publique.

Photo : Eric Lulé

C'est au 14e siècle que sont aménagés le site et la maison forte avec son architecture actuelle, peut-être à l'emplacement d'une précédente demeure? Cette dernière est au centre d'un domaine composé d'une haute et basse-cour, le tout ceinturé de larges douves et de fossés.


La seigneurie dépend en franche-vassalerie du très puissant comté de Saint-Pol.


Le chevalier Jean de Bours meurt sans enfant en 1390. La seigneurie est échue aux Mailly, grande famille noble picarde et compagnon de guerre des "de Bours".

Vue de la basse -cour, des douves partiellement en eau et de la tour de Bours à la fin du 14e siècle, hypothèse de reconstitution, Direction Départementale de l'Archéologie, Pierre-Yves Videlier.

Les Mailly possèdent la seigneurie jusqu'en 1516, date où Adrien de Mailly fait vendre la terre de Bours. Les Noyelles prennent ensuite possession des terres. Cette période est marquée par les guerres entre François Ier et Charles Quint, roi des Espagnes (dont l'Artois faisait partie).


En 1537 et 1543, le donjon, la basse-cour et le village sont brulés par les troupes françaises. Ce qui sauve la tour : sa structure entièrement en grès qui résiste aux flammes. Mais l'intérieur est détruit, dont la voute d'arêtes en cave. Tous les niveaux sont à refaire et ce fait divers provoque un profond remaniement intérieur. C'est à cette époque que le niveau du cellier est condamné et la voute n'est pas reconstituée.


Le château est restauré mais peu habité. Alexandrine de Noyelles, dame de Bours, épouse Maximilien de Sainte-Aldegonde, baron de Noircames. Par cette alliance, la seigneurie passe à la famille des Sainte-Aldegonde à la fin du XVIe siècle.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle et malgré les épreuves (dettes provoquées par les guerres, ruine et abandon de l'édifice, Révolution Française), le domaine castral reste aux mains de la famille des Sainte-Aldegonde. 


Au XIXe siècle, les dépendances composant la basse-cour sont démolies et la ruine se poursuit. Léonie Salmon rachète le donjon appartenant à un grand ensemble terrien à la fin de ce siècle. Le château est sauvé de la démolition grâce à l'instigation de M. l'abbé Routier. Puis le manoir appartient à la famille Tiberghien.


Le site est vendu en 1962 pour un franc symbolique à l’Etat et en 1965, le donjon est classé Monument Historique.


En 1976, une campagne de restauration est menée par les Bâtiments de France.


La mairie de la commune s'y installe de 1982 à 2014. Les bureaux sont aujourd'hui transférés dans le presbytère rénové pour l'occasion.


Aujourd'hui, le monument entre dans sa phase de travaux. Objectif :  

transformer le lieu en centre historique...